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Betty
Boop (Grim
Natwick/ Studios Fleischer)
Le
personnage le plus original et le plus célèbre du studio Fleischer,
Betty Boop, débuta dans la vie comme chien chantant. Dessinée par
l'animateur Grim Natwick, elle parut d'abord dans Dizzy Dishes (1939) où elle
était chanteuse de charme, sous l'aspect d'un chien, et interprétait
une parodie de Helen Kane, chanteuse de rengaines à la mode.
A l'origine,
le studio ayant besoin d'une vedette pour concurrencer Mickey Mouse de
Disney, avait fait figurer Bimbo dans ses séries de cartoons,
personnage de chien sans relief particulier. Lorsque dans l'un de ses
films, un personnage qui chantait d'une voix langoureuse Boop-oop-a-doop
brûla l'écran par sa présence, les Fleischer le mirent
progressivement en vedette dans la série Talkartoons. C'est ainsi que
Betty Boop prit le rang de vedette tandis que Bimbo interpréta les
seconds rôles.
Helen Kane,
elle-même actrice sous contrat avec la Paramount, décida de porter
plainte contre le studio en 1934, quand la version en dessins animés
l'emporta sur elle en popularité. Malheureusement pour elle, la
Paramount et les Fleischer furent en mesure de prouver que sa façon de
chanter existait déjà longtemps avant qu'elle ne songeât à faire
carrière.
Les cartoons
les plus intéressants de Betty Boop furent produits pendant les années
1932 et 1933, à l'apogée de ce vent de folie inspirée qui soufflait
alors au studio Fleischer. C'était d'avant le Code Moral du Bureau Hays
des producteurs de films ne prit effet, pour nettoyer fort efficacement
Hollywood. Les cartoons d'avant le code furent assez lestes: depuis les
bandes sonores de Cab Calloway, qui faisaient référence à la drogue,
à l'alcool et au sexe, jusqu'aux méchants lubriques menaçant de
prendre le Boop-oop-a-doop de Betty Boop.
Après
l'application du code, la jupe de Betty fut rallongée jusqu'à
recouvrir ses genoux et elle commença à s'entourer de personnages
comme Grampy, inventeur excentrique, et de Pudgy, mignon petit chien.
Betty fut aussi la vedette du premier cartoon de Fleischer, Poor
Cinderella (1934).
Le studio
Fleischer mit Betty à la retraite en 1939, mais sa popularité est restée
intacte, sans l'apport de nouveaux films, pendant plus de cinquante ans.
Ce n'est à peu près que dans la dernière décennie qu'un effort a été
fourni pour faire revivre la carrière de Betty Boop. Une apparition
dans "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?" (1988) et de récentes
émissions spéciales pour la télévision ont contribué à faire garder son nom sur nos lèvres
...
... et nous
confirment que Betty Boop continuera à émettre ses Boops en plein 21°
siècle.
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